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Dans beaucoup de pays africains, les eaux souterraines sont essentielles pour la vie et de la santé des populations, puisque c'est la source d'eau principale pour les usages domestique, agricole et industriel. Cette assertion est particulièrement vraie dans des pays sahélien où les eaux de surface sont rares ou non-pérennes. En Afrique occidentale, la majorité de la population rurale utilise essentiellement des puits et forages pour leurs besoins en eau potable, il en est de même dans la plupart des zones urbaines où les nappes sont utilisées à large échelle par les réseaux d'approvisionnement en eau pour satisfaire une demande très diversifiée.

Les aquifères sont les principales sources d'eau en Afrique occidentale, puisque dans de nombreux pays (Cote d' Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, et Togo) les eaux souterraines représentent plus de 80% de l'eau utilisée. Les principales agglomérations urbaines situées près de la côte (Abidjan, Dakar, Lomé, etc.) sont approvisionnées à partir des aquifères. Même dans les pays humides (zone soudanienne), du fait des changements climatiques qui entrainent une diminution des apports pluviométriques, l'utilisation des eaux souterraines devient de plus en plus importante. Ainsi il faut s'attendre à ce que la dépendance vis-à-vis des aquifères augmente considérablement.

L’accroissement de la population urbaine, ainsi que le développement de l'irrigation prévu en court et moyen termes dans de nombreux pays africains, entrainera inévitablement une pression importante sur les ressources en eau souterraine. Donc une gestion appropriée de ces ressources est une des conditions-clé pour un développement économique et social dans nos pays. Cependant le secteur est confronté à beaucoup de problèmes de gestion dont les conséquences sont un système de maintenance inefficace, une surexploitation des ressources, une dégradation de la qualité des nappes…etc. L’initiative de renforcement des capacités dans le domaine des eaux souterraines en Afrique a mis en évidence toutes ces contraintes ainsi que les besoins tels qu’exprimés par les professionnels du secteur en terme de renforcement de capacité.

Afin de mieux faire face à ces contraintes qui menacent la durabilité des ressources en eau souterraine tous les pays ouest africains ont adopté les principes GIRE comme ligne directrice de leur politique de l’eau. La plupart de ces pays se sont engagés dans le processus GIRE, et beaucoup ont déjà formulé leur politique nationale dans ce sens, élaboré des lois et textes législatifs. Le problème est que les eaux souterraines ne sont pas bien intégrées dans la politique nationale de l’eau, à cause certainement de sa spécificité (ressources "invisibles"), mais aussi du déficit de professionnels des eaux souterraines dans les agences nationales en charge de la gestion des ressources en eau…